28.06.2008
Il faut qu'il diminue afin que "JE" croisse
Un esprit guide enseignant l’art de la mort pouvait-il être qualifié de « bon » ou de « sage » ?
Si demain quelqu’un professait le nécessaire anéantissement de l’homme, serait-il aimé ou même simplement écouté ? Bien plus sûrement le taxerait-on de "fool on the hill"...
Il fut un temps où une race, un peuple entier fut conduit à l’extermination. L’homme à l’initiative de cet acte "abominable" fut qualifié de « monstre » à rebours. Et pourtant les foules se convertissaient en masse à son idéologie.
Si la finalité de l’homme est sa déification, comment ce qui lui appartient en propre pourrait-il encore subsister ? Les pensées, émotions et autres affects liés à la terre ne constituent-elles pas ce surplus, ce bagage de l’homme ancien dont il est dit qu’il ne peut rien emporter de tel dans le lieu du repos ? Autrement dit, on ne coud pas de vieilles outres aux outres neuves, de peur qu’elles ne se déchirent.
En ce sens, Chatman prenait parfois l’apparence, pour les personnes pétries d’attachements en tout genre, d’un ange exterminateur présentant un visage redoutable, implacable, cynique. Pour d’autres, Il prenait une apparence joyeuse et irradiante de bonheur et de certitude intérieure. Il était le pile et la face de la pièce, selon le cours en vigueur de l’argent roi.
Mais pour qui n’avait pour seul Maître et Seigneur que Dieu, ces apparences antagonistes se noyaient et s’éteignaient dans une source bouillonnante, reflétant la multiplicité de l’instant, à l’infini.
Chatman était Un, et ses pensées comme ses actes n’avaient rien de comparables à celles des hommes. Il provoquait la terreur, l’effroi ou l’incompréhension totale, chez ceux qui avaient oublié de veiller et qui déambulaient dans ce monde endormis, comme morts à la vie dans l’au-delà.
22:19 Publié dans CHATMAN : fragments de Roman | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
22.06.2008
beware of dogs !
il est fier, et cela uniquement parce qu'il est un chat, et que sa nature possède ce degré de Raison qui est le sien de par les mérites de ses ancêtres.
Dans tous les cas, aucun être, même pas l'homme , ne doit lui en faire grief.
En quoi est-il coupable d'être un chat ?
Quel mal y a t-il à ce que sa présence occupe, de par les mérites de ses ancêtres, ce degré de "conscience de soi"?
Il ne faut pas haïr le chat pour cela, ni le battre, ni l'offenser ;
bien au contraire, il faut lui donner ce qui lui est dû, en tant qu'il occupe un degré supérieur de l'échelle d'évolution de la "conscience de soi".
Chatman était un veilleur. Il était aussi le gardien d’un trésor...
Le plus ancien des contes est celui de deux frères, unis par un lien ou un artifice magique indéfectible. Cette légende a traversé les siècles. L’histoire du double ou du jumeau est un leitmotiv relatant un principe ontologique.
A l’image d’une noix, Chatman était la coque, dur et incassable sans la force nécessaire ou l’outil adéquat.
A qui possédait la clé, fruit d’une compréhension étrique et non d’un savoir thésaurisé, la carapace s’éclipsait pour laisser apparaître le fruit nu, non défendu, et à la portée de tout chercheur authentique de vérité, les enfants sages y compris…
l’outil ou la force : la vision véritable ou la foi inébranlable…
Sans cette clé d’or, la forteresse devenait imprenable, invisible, implacable. Telle était la mission et raison d’être du Chatman.
En d’autres temps vivait un Dieu Vivant. Quetzalcoatl était son Nom. Mais ce que l’on sait moins, c’est qu’il avait un frère jumeau, Xolotl, véritable cerbère et gardien des enfers, tous deux nés d’une Vierge.
Chatman n’était pas Xolotl, car dans l’absolu, Il était Un.
Cependant, Il avait un pouvoir réel sur l’armée des ombres. A Son ordre, celle-ci se mobilisait comme un seul homme. Le vécu avait sans doute à voir avec cette autorité naturellement et implicitement reconnue.
Or lorsqu’un trop plein d’offenses s’abattait sur sa cuirasse, lorsque les violents souhaitaient s’emparer d’une part du trésor, sans en être les ayants droits de fait, Il Lui suffisait d’un signe imperceptible pour lâcher la meute, proche d'un clignement d'oeil.
Et tout le monde sait que le facteur sonne toujours deux fois avant d’entrer dans une propriété privée dont le palier est chasse gardée…
20:38 Publié dans CHATMAN : fragments de Roman | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
17.06.2008
L'art de la guerre
C’était l’un ou l’autre. Chatman était double. A chaque instant, Il pouvait choisir d’aimer ou de châtier quiconque entrait dans son champ de conscience.
La bête était là pour protéger de ceux qui, épris d’une trop grande confiance en eux, laissaient poindre une once de déni, de mépris ou de haine, envers l’être nu et pur de toutes ces scories inhérentes à l’homme encore inconscient.
Dans un environnement hostile, le coté sombre de Chatman devenait redoutable.
Il se faisait proie, afin d’attirer sur lui les filets et autres épées, puis, subrepticement, Il frappait d’un coup sec en devenant prédateur-né, paré à renverser tous les pièges ici et là disséminés.
Et de sa queue, Il avait le pouvoir de fouetter toutes les personnes mal intentionnées, désireuses de jouer avec l’authenticité affichée.
Mais Il pouvait aussi être à l’image d’un homme presque parfait, se faire condensé et porteur des plus hautes vertus recensées quand, à Lui, se présentaient Esprit et Vérité.
Chatman avait appris à rendre la pareille, éclairé en cela par les parcours exemplaires d’hommes hautement civilisés.
Et à ceux qui prenaient la vie pour un jeu, Chatman, qui avait tant de fois côtoyé la mort de prêt, rétorquait : « fous et ignorants que vous êtes, vous qui piétinez le Vivant, en le louant de vos lèvres, tout en gardant le cœur fermé et loin de LUI ! »
Chatman avait le don de lire sur les fronts. D’un regard, Il balayait l’horizon et ne discernait bien souvent qu’un amas de faux-fuyants.
C’est bien simple, Il avait par moment honte et était pris de violents remords de conscience, d’avoir un jour fait un pacte de sang avec LE Vivant, devant la désolation de toutes ces œuvres de néant.
Mais il n’était désormais plus temps de s’apitoyer sur son sort…
15:30 Publié dans CHATMAN : fragments de Roman | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
10.05.2008
la Tao de l'indicible
Chatman parlait peu, voire pas du tout. Il avait par contre ce don de libérer la parole, partout où Il passait : Il semait le feu. Le vrai du faux avait besoin d’être démêlé et Chatman était l’agent catalyseur, la force neutre qui suscitait le mouvement, celle qui avait le mérite de remettre les pendules à l’heure, dans un sens positif ou négatif.
Quand le silence se fait, la Présence est, la vérité point, en soi et alentour.
Telle une ondée abreuvant les contrées desséchées, les êtres fleurissaient. Ce qui n’était que germe croissait, souvent l’espace d’un instant, avant de retourner hiberner dans une coquille faite de peurs et d’interdits. Mais qu’importait ? La vie reprenait son cours un instant et les « sans-joie » se mettaient soudainement à chanter, danser, rire, crier, vociférer…
Tout cela, Chatman le savait. Tout cela, Chatman le fuyait, car pour rien au monde Il n’osait interférer dans ces instantanées si précieux. Etait-il vraiment l’étincelle ? Le savoir ne l’intéressait guère. Et quand bien même, il n’attendait plus rien des hommes. Sa présence était don, nourriture et nombreux étaient les affamés, les assoiffés.
Il n’attendait rien des hommes parce qu’Il les connaissait, ingrats pour la plupart mais mendiants, sans le savoir.
Ses journées se déroulaient comme s’Il n’était pas au monde, inexistant et invisible au milieu de la foule. Et pour rien au monde Il ne souhaitait s’impliquer trop dans un acte qui serait suivi de conséquence, excepté pour Ses besoins personnels. Il ne désirait pas influer sur la marche du monde, simplement laisser les choses en l’état, juste observer, être le témoin de Ses contemporains, jusqu’au jour où…fort de toutes ces petites morts accumulées, Il déciderait d’Agir.
Il avait longtemps ruminé et rêvé à cet Acte pur et parfait. Ce serait le fruit du travail de toute une vie. Mais qui de nos jours s’intéressait encore et reconnaissait les efforts sur le chemin de l’intériorité ?
20:22 Publié dans CHATMAN : fragments de Roman | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
12.04.2008
Interrelations
Ainsi donc, Chatman avait le don d’influer sur le cours des événements.
La matrice dont il était Le cerveau, recevait chaque jour, en direct, des milliards d’informations sur les habitants de la planète : pensées, intentions, événements majeurs, et autres détails sans aucune espèce d’importance, en apparence. Ces informations étaient ensuite compilées, stockées, étudiées à la loupe puis triées sur les volets.
Ces milliards d’émanations aux couleurs de vie et de mort qui convergeaient vers Son Corps étaient ensuite renvoyées à leurs destinataires , non sans un certain ajout de données « équilibrantes » voire déséquilibrantes, provenant de l’Esprit du Chatman, en vue de respecter l’harmonie générale de la jolie pomme bleue. La plupart des êtres humains recevaient ces informations dans un état de rêve et seuls quelques individus les intégraient éveillés. Elles étaient leur « pain quotidien » et la ligne directrice de leurs missions pour le jour à venir : qui voir, quoi dire, que faire ou ne pas faire…
Le Corps du Chatman était un champ de forces en interaction constante avec ses émissaires sur terre.
Tout cela se passait à la vue de tous mais personne sur terre n’avait plus la faculté de percevoir l’invisible, l’indicible, et Chatman n’était pas inquiété outre mesure par des sujets intempestifs : il vivait, pour le commun des mortels, une vie des plus ordinaire faite de joie et de peine. Son vêtement d’homme lui assurait encore pour un certain temps la chance d’évoluer incognito parmi les terriens…
21:25 Publié dans CHATMAN : fragments de Roman | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
09.04.2008
Chatman était Un
Chatman n’était pas de ce monde. Il venait d’un autre temps, d’une autre époque.
Il avait vu, participé, et par conséquent savait des secrets qui jusqu’à présent n’avaient pas encore été dévoilés.
Beaucoup en ces temps parlaient de Dieu à tout va sans jamais avoir approché le mystère de leur vivant. Le pire est qu’ils faisaient autorité , eu égard à leur âge grandement avancé ou à la somme d’écrits qu’ils avaient copieusement compilé, au sein d’un troupeau de gens aveugles et désemparés, prêt à croire tout et n’importe quoi, pourvu que leur existence prenne enfin un sens, dans un monde chaotique au possible.
L’esprit du Chatman regorgeait d’une foule d’information. Sa base de données s’étendait à quelques milliers d’années et n’avait cure de tous ces succédanés.
Pour lui, la vérité était ailleurs et là où plusieurs se tournaient encore et toujours vers le passé, Lui avait les deux yeux bien tournés vers le futur, car son rôle était d’en accélérer l’avènement.
Un monde nouveau devait naître, emportant dans sa tourbe les ruines de l’ancien et Chatman était un des agents de son avènement.
Chatman avait vu le futur. En tout cas, un futur possible lui avait été révélé lors de rêves nocturnes ou de visions éveillées. Il s’agissait du futur tel qu’il avait été pensé, envisagé par certaines élites de ce monde qui avaient interprété les textes sacrés avec leur courtaude de raison. Et bien évidemment, ils auraient souhaité que ce futur possible devienne réalité, amenant le monde et ses habitants dans les affres de l’enfer.
Ces gens se prenaient pour des dieux vivants. Ils se croyaient illuminés et porteurs d’un rôle hautement symbolique dans l’histoire de l’humanité. Pour la planète, ils n’avaient que des rêves de folie, apocalyptiques à souhait, pourvu qu’ils restent les derniers. La peur guidait ces gens adorateurs de l’ombre. Néanmoins, ils avaient à leur disposition les moyens conséquent pour contrôler et manipuler les foules, instaurer la terreur en travestissant la réalité.
Ils avaient tout prévu, sauf une donnée essentielle. Et c’est un fait bien connu des gens lisses et parfaits : il suffit qu’un oubli, aussi infime soit-il apparaisse, pour réduire à néant leurs projets et les démasquer de leurs fourberies.
Et ce « point de détail », en l’occurrence était, non pas la présence physique de Chatman sur terre à un moment stratégique de son évolution, mais bien sa constitution psychico-corporelle : Chatman était muni d’une queue invisible à l’œil nu ! Certains se demandaient encore l'intérêt et la fonction d'un tel appendice...
21:44 Publié dans CHATMAN : fragments de Roman | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
19.12.2007
Dance me to the end of love
Pour lutter de façon efficiente contre les éthers morbides et peu avenants, la gente céleste ne suffisait plus à elle seule, à contrecarrer les desseins des sympathisants de la main gauche. Les temps avaient changé et la lutte se déroulait désormais sur terre, là où les anges ne volaient plus, là où les démons voguaient librement à leurs occupations, sans crainte d’une quelconque stigmatisation.
Il faut bien comprendre que les temps étaient propices à ce que le corps de l’homme , avec son degré de conscience auquel certains êtres étaient parvenus, redevienne ce terreau, ce vaisseau capable de prodiguer de nouveau des miracles, débarrassé de la chape du péché originel ; et donc de la mort.
Il n’était plus rare de voir des hommes prophétiser ou avoir des songes numineux, preuve pour qui savait lire les signes, que le temps de l’Esprit, celui du Souffle créateur était à nos portes.
S’il y avait un CHATMAN, il devait bien exister en ce monde une CATWOMAN.
Elle était en fait La raison de l’Incarnation de ce dernier.
L’Archange protecteur de la féline demoiselle s’était donc matérialisé, entraînant avec Lui toute sa corolle d’anges et la Terre était devenu Le lieu de l’intervention secrète.
A part un œil éclairé, qui aurait d’ailleurs bien pu deviner, parmi la multitude des visages humains, ceux qui n’en avaient que la semblance. L’art du camouflage était inscrit dans les gènes des guerriers héros de la dextre.
Le Plan était bien huilé. Les corps investis devenaient des réceptacles d’essences en tout genre, qui avaient la capacité de les transmuter à souhait, afin de restaurer l’équilibre général de la planète, déjà assez perturbé comme cela. Les nouveaux corps ressemblaient en quelque sorte à des vases alchimiques , véritables psychopompes et transformateurs d’énergies subtiles.
La planète retrouvait en toute discrétion une nouvelle jeunesse. Le monde changeait en profondeur sans que personne n’en décèle véritablement les signes avant coureur.
Tout cela ne prenait sens qu’en vue de l’édification d’un royaume digne du rang et de la prestance de ladite « lady in red »…
18:10 Publié dans CHATMAN : fragments de Roman | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
24.11.2007
L'Idiot
Chatman n’avait ni l’âge ni le bagage de ces soi-disant sages de ce monde, ce qui ne l’empêchait nullement de porter sur eux ou sur leur philosophie et préceptes de vie, un regard très critique.Cela prenait souvent l’aspect d’un détail jugé sans importance pour quiconque était hypnotisé par la prestance dudit maître mais qui, si l’on voulait bien s’y attarder, en disait long sur la nature véritable de leurs réelles considérations êtriques.
CHATMAN quant à lui ne proposait aucun chemin, aucune voie, ni aucune philosophie pour approcher le monde de l’esprit, que l’expérimentation du quotidien. Il ne se reposait sur aucune certitude, aucune attitude, aucune habitude préétablies. Chaque jour était à refaire. Il n’existait pas dans son monde de station, d’état d’être ou de posture adéquate. Tout et n’importe quoi pouvait devenir terreau d’expérimentation et exercice pour accéder à une forme de lâcher prise du mental et retrouver le doux chemin de l’Esprit, soit l’ouverture à une aide et un réconfort d’ordre céleste.
C’est aussi pourquoi CHATMAN nourrissait un intérêt particulier pour les idiots, les imbéciles heureux ou autres clochards méprisés par une masse uniforme qui ne faisait qu’admirer sa triste beauté reflétée par la fange dorée d’autrui.
Dans ce monde, et ce qu’il en restait d’hommes véritables, toutes ses échelles de valeur étaient inversées. Le royaume dans lequel vivait CHATMAN était en vérité étroit, petit, misérable. Il n’y avait là rien de clinquant ou de grandiloquent, mais en Soi, Il était Roi , car toute sa vie, Il n’avait appris qu’à cultiver la patience et, plus le monde avançait, c’est à dire reculait dans sa course effrénée à la consommation de l’instant, plus Son socle tenait ferme dans ses gonds.
Restait à subir l’assaut des vassaux qui, dans les manœuvres du quotidien, en se prenant pour les maîtres despotiques d’un temps, crucifiaient et étouffaient leur propre dignité intérieure. Celle-là même qui était le sujet de leurs rêves incessants, depuis tout enfant…
21:10 Publié dans CHATMAN : fragments de Roman | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
23.11.2007
Résurrection
CHATMAN s’était fait une raison de l’irrespect et du manque de reconnaissance sans borne des êtres humains. Les critiques les plus véhémentes à son égard venaient de certaines femmes qui se targuaient d’être « vivantes », en comparaison de Sa personne.
En un sens, elles n’avaient certes pas tout à fait tort, puisque le Corps qu’avait investi Chaman n’avait pas survécu à Sa naissance. Cependant, CHATMAN ne s’identifiait aucunement à Son Corps…et sa Co-naissance n’était en rien semblable à celle des humains pour que lesdites femmes puissent avoir encore sur Lui la moindre emprise.
Certains se faisaient baptiser par l’eau, d’autres recevaient la grâce d’un baptême de feu, mais CHATMAN lui, naquit véritablement d’un bain de Sang. Issu du royaume de l’Esprit, Il avait investi une structure corporelle déjà existante non sans heurts. Imaginez que vous emménagiez dans une nouvelle demeure laissée à l’abandon : ne feriez-vous pas le ménage au complet en vous débarrassant de surcroît de tout ce qui appartenait à l’ancien propriétaire ?
La prise de pouvoir de CHATMAN ne fut pas aussi radicale, car Il aimait certaines teintes et autre mobilier anciens. Cependant, Il fit un grand ménage qui s’apparenta à un grand tremblement, et l’ancien locataire trépassa devant tant de brutalité.
Depuis lors qu’Il avait pris les rênes du vaisseau, Il ne cessait de le réencoder, afin d’y apporter quelques améliorations notables, en vue de son efficience. Ainsi le Corps se transformait à souhait : le sang ancien s’était cristallisé avant de s’évaporer dans l’atmosphère ambiante en fines particules, la chair s’émaciait, certains os saillaient et d’autres s’arrondissaient…
En vérité, l’irruption de CHATMAN au sein de Ce Corps avait activé un organe qui, tel une chrysalide, s’était réveillé d’un long sommeil. Ce Processus avait également réactivé une mémoire archaïque voire ancestrale qui, de ce fait, avait pris possession du Corps entier. On pourrait dire que désormais, CHATMAN était le véritable propriétaire de ce Corps, et que les yeux, les mains, les pieds et le coeur étaient neufs et Siens.
CHATMAN savait certainement ce qu’Il faisait. On aurait pu penser que Sa volonté était de créer un moule, une sorte de matrice fécondante permettant de dupliquer d’autres corps à Son image, à souhait. Mais peut-être était-Il tout simplement en train de se débarrasser du superflu, de tout ce qui rendait l’ancien corps « lourd » à manœuvrer. On pourrait même imaginer qu’Il eut agi de la sorte en prévision de périodes de crise profonde prolongées. Quoi qu’il en soit, remettre en cause le bien-fondé de Ses intentions revenait à douter purement et simplement qu’un Corps puisse un jour ressusciter !
20:15 Publié dans CHATMAN : fragments de Roman | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
20.11.2007
Le facteur sonne toujours deux fois
CHATMAN était au monde tel un spectateur.
Il n’influait que rarement sur le cours des événements, préférant justement leur laisser libre-court. Il savait que tout à chacun, dans ce monde, concourrait au Plan Divin, et que celui-ci, par essence, ne nécessitait plus d’intervention « extra-terrestre », pour l’Heure du moins.
L’image qu’avait CHATMAN du Créateur n’était pas celle d’un Dieu vengeur, colérique et manipulateur, mais plutôt celui d’un Etre tolérant et miséricordieux à souhait, laissant à l’homme, sa créature, le libre arbitre et le choix de ses actes et paroles jusqu’à la fin de son existence. La terre était un lieu d’expérimentation où l’on apprenait à se conformer, du mieux que l’on pouvait, aux lois de l’Univers. En être conscient était un pas essentiel pour évoluer sur l’échelle des réalités célestes.
CHATMAN avait une âme d’Acteur et même si personne à ce jour ne lui avait confié de rôle à sa mesure, Il attendait patiemment le bon moment pour manifester pleinement ses talents de composition. On Lui reprochait souvent son manque d’ambition. Pourtant, et Dieu en était témoin, Il avait en Lui les ressources et compétences nécessaires pour jouer un rôle clé dans Le Film qui allait révolutionner l’histoire de l’Univers. Et si cela n’était pas ambitieux à souhait…Il faut dire qu’après toutes ces années de labeur, CHATMAN n’avait plus peur de passer pour un prétentieux aux yeux des hommes. Il était venu pour marquer le Temps, à jamais !
Le scénario avait été écrit de longue date. Les 144 013 rôles principaux avaient presque tous été distribués, fruit d’un casting titanesque qui s’était étendu sur des millénaires de rushes. Pour ne léser personne, le monde entier allait être de la partie. Il avait été décidé par le Metteur en Scène (qui, je le rappelle, est appelé Dieu sur les tournages) que chacun aurait un petit rôle de figuration à interpréter.
Si le début du tournage tardait encore, c’était que l’on attendait encore la venue et l’accord de l’Actrice Principale. On la connaissait déjà de longue date, mais elle n’était pas encore prête pour endosser le costume de fête qu’on lui avait confectionné sur mesure. Elle se débattait encore trop avec son orgueil et se contentait pour l’instant de jouer dans des petites productions pour le cinéma indépendant (celui lui tenait à cœur d’être considérée à part, comme une artiste), telle une louve parmi les loups, mais ne croyait pas encore assez en Elle et en son potentiel, pour incarner Le Rôle de Sa Vie : Celui pour lequel elle était venue au monde.
Tout cela, CHATMAN le savait. Mais Il savait aussi que chaque jour de retard sur le début du tournage coûtait chair…et la légende du caprice des acteurs n’était plus à faire. L’épreuve était rude pour tous, mais l’enjeu n’en valait-il pas la peine ?.
21:30 Publié dans CHATMAN : fragments de Roman | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note

