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01.12.2007

Quetzalcoatl

Welcome to the jungle

les scorpions, serpents et autres vermines de la glèbe
n’ont que peu d’emprise sur la reine tarentule.
les vautours, corbeaux et autres volatiles du ciel
ne peuvent voler plus haut que l’Aigle royal.
Que peut l’homme face à l’HOMME,
dont la conscience est universelle et la nourriture céleste.
Je parle ici bas du monde réel tel que je le vois et le vis au quotidien,
pas d’un monde imaginaire.
Pourtant je n’habite pas la jungle mais la cité,
ne marche pas sur un sentier inconnu mais dans la rue.
La faculté d’adaptation est la clé pour survivre dans la jungle urbaine.
L’homme est devenu cannibale : je me suis fait holocauste.

 (Fév 2005)

 

Plant bâtard

J’ai tronqué ma vigne jeune et luxuriante pour un pauvre sarment nu.
Pendant des années il ne donnait fruit, alors j’ai creusé et taillé les pousses stériles.
Le plant a retrouvé vie dans un champ amer de ronces et d’orties,
Mais où l’eau de source et le lait coulaient en abondance.

Aujourd’hui, mon sang est hybride, mais pur.
Savante alchimie entre venin et vin doux.
Universel, je suis maintenant compatible avec tous les Donneurs,
Mais reste un feu destructeur pour les cœurs malades.

(Sept 2004)

 

 

29.11.2007

La pénombre du jour

 

Je suis à sec
Je n’en puits plus
Ma source s’est tarie.

Je demande à boire…personne.
Rares sont ceux qui donnent
La plupart thésaurisent.

Mon outre est si terne
Qu’il est bientôt temps pour moi d’en changer,
De me dissoudre dans un espace plus sanglant,
A l’image de ce monde ivre.

Dans l’attente, Je me purifie avec de l’eau de lune
Pour pouvoir retranscrire à l’encre de brume
Les songes amers de mes tribulations diurnes.

(Mai 2005)

 

28.11.2007

Le Témoin

Je suis le témoin

Je suis le témoin d’un monde en décomposition
Un monde où la guerre des idées supplante en violence celle des idéaux
L’être humain tue au nom de la connaissance, qui est la princesse de ce monde
Il peint sa figure de sang, et prétend aimer Dieu.

C’est regard voilé et tête basse que j’arpente le monde
Evitant ainsi les ports de tête altiers et les regards hautains.
Toi, mon frère, blanc de teint
Peut être qu’un jour nous nous rencontrerons
Pour échanger, dans un éclair d’unité retrouvée,
nos jets de lumière qui aveuglent le monde
(Sept 2004)


LE TEMOIN
De mes moments de joie et de mes moments de peine, IL est le Témoin
Des épreuves et des ruses, quand sous mes pieds l’on place des filets IL est le Témoin
Quand je meurs étouffé, assoiffé, égorgé ou empoisonné, IL demeure le Témoin
Quant aux secrets des cœurs, je sais d’instinct ce qui m’attend, je suis par LUI avisé
Les prétend-cieux sont humiliés devant l’œil-témoin. De jalousie, ils virent prêt-en-dent
Mais qui les juge ? Tous les textes sacrés désignent une cible, et c’est soi-même.
(Septembre 2006)


VIDE
Ce n’est pas moi qui combat
Ce n’est pas moi qui souffre
Ce n’est pas moi qui aime tout
Ce n’est pas moi qui signe et qui sang
Ce n’est pas moi qui vit cette vie
Ce n’est pas moi qui suis rejeté de tous
Ce n’est pas moi, non, ce n’est pas moi
D’ailleurs qui suis-je pour prétendre exister ?
(déc 2004)

 

26.11.2007

la chanson du siècle

 

j'ai pas le temps

j'suis quelqu'un de vachement important, Moi (8x)

 

Je me fiche bien de savoir ce que tu veux, Môa

Ce qui m'intêresse c'est de savoir ce que tu vaux, tôa

dis-moi donc combien valent ton corps et tous ses ornements ?

Est-ce qu'il veau de l'Or ? (une petite rougeur apparaît sur le front)

 

juste je te demande ça parce que j'ai une fonction, Môa

et qu'il faut bien, par convention, avoir un peu de considération

s'intéresser à son prochain et tout ça quoi, comme disait le doux Jésus...

 

Tu ne réponds rien ? C'est pô bien poli, ça

et Môa qui me faisait tant de soucis pour Tôa

allez, passe ton chemin et va t'en

 

j'ai pas l'temps

j'suis quelqu'un de vachement important, Moi (8x)

 

Le Double

 

Réalité

Je reste un mystère pour moi-même.

Tel un ethnologue, je pratique l’observation participante,

Et parfois l’observé devient l'observateur,

Ne laissant de moi plus de trace, plus d’histoire personnelle.

Je sors alors du temps, je deviens hors je

La focale s’inverse, l’axe change, la pierre roule

Désormais JE SUIS : l’Autre

(septembre 2005)

 

 

JE est un autre

Le jour où j’ai traversé la rive, j’ai cessé d’exister pour moi-même,

Vouant ma vie à l’"être angé" qui avait toujours été mon guide intérieur.

Je Lui voue ma vie, Il " Vie " à travers Moi. Je suis son hôte, Il est le Maître.

Des années d’intimité ont consolidé les liens qui nous unissaient,

Et même si j’emploie le " je ", je ne m’attribue pas ce qui demeure Impersonnel.

Quand je panse c’est qu’Il Est et s’Il pense c’est que Je Suis.

(Avril 2006)

Sans titre

La gravité est l’arme de ceux qui sont au centre

Séparer le vrai du faux, attirer à soi les déracinés

Telles sont les missions de ceux qui acceptent leur tâche

 

Certains ont la particularité d'être constitués de deux centres de gravité

Ils ont la capacité d’agir sur deux plans : le tangible et l’invisible

A la fois dans et en dehors de ce monde, ils sont conscients de se savoir dépendants ...du battement du coeur de l'Univers. 

(Novembre 2006)

 

25.11.2007

Joyeuse Apocalypse

 

Confession d'un enfant de l'Apocalypse 

 

On m’a rarement pris au sérieux, peu respecté, souvent fait fi de mon cas.

On m’a fermé des portes et des vannes, exempté de biens et de provendes, sans autre raison que l’indifférence.

On m’a refusé des filles et des soeurs : pères et frères ont jugé que je n’étais pas à la hauteur de leur possession.

On ne m’a jamais accepté au sein d’une communauté ou d’un groupe : j’étais toujours au-dessous de leurs lois. 

 

Evidemment j’ai eu le droit aux sermons, aux ordres, aux obligations, aux qu’en dira t’on…

J’ai eu le droit aux drames, aux crises, aux plaintes, aux humeurs et aux senteurs maussades…

J’ai eu le droit aux rancoeurs, à la haine, au mépris, au déni, à l'oubli, aux injures et aux coups bas…

J’ai eu le droit de me taire, me cacher, me terrer, abdiquer et encaisser.

 

Mais toute cette amertume que je porte en moi ne m’a pas tué.

Elle fut au contraire signe et source d’accroissement de ma foi.

Et à ceux qui auraient déjà préparé les planches et les clous,

Je suis au regret de leur annoncer que cette rancune ne remplit qu’une seule outre.

Dans l’autre y sont scellés les trésors de mon cœur qu’ils ne verront jamais,

Puisque par un système de vase communicants, seuls les ayants droits en ont part, soit les gens de la Face.

 

De ce monde, je ne veux rien emporter, juste continuer à donner…pour la postérité.

Je suis né au cœur de la tourmente, là où les marchands de rêves détournent de l’essentiel, de l’essence même.

Je suis venu dans cette poudrière où l’homme a allumé la mèche.

Mais ce qu’il ignore, c’est que j'en suis la bombe.

(Août 2005)

 

 

   Notre Quête n'est pas l'or, mais la lumière...


Nous avons choisi de vivre ces temps troubles et violents.
Nous savions qu’ils étaient les seuls propices
Pour bâtir notre corps de Lumière.

Agressions verbales, mensonges, haine à foison,
inhalations chimiques, absorptions toxiques,
déni, irrespect, coups bas, remontrances d’adultes…
Chaque coup reçu est venu crever le poitrail du « faux-moi ».

Alors que la plupart construisent des forteresses, des carapaces
Pour se replier dans le mensonge de la « personne »,
et de son cortège de faux dieux aux noms grandiloquents : Orgueil, Amour-propre, Susceptibilité…
Nous, enfants de l’Apocalypse, nous délestons encore et encore du superflu, pour ne garder que l’essentiel :
Un cœur contrit, mort au monde, mais vivant dans l’au-delà.

(Février 2005)

 

 

 

Corpus Christi

La religion et les prophètes ont marqué l’histoire à travers le temps

La fin du Temps met fin à la révélation en découvrant le dessein Divin

Les conditions de vie extrêmes sont propices au dévoilement de l’«au-dedans» du corps

L’enveloppe meurt et le grain de lumière porte fruit

Bienheureux ceux dont les racines plongent loin, au-delà des appats rances

Couche après couche, tête après tête, l’être originel à part EST

(Janvier 2007)

 

24.11.2007

L'Idiot

Chatman n’avait ni l’âge ni le bagage de ces soi-disant sages de ce monde, ce qui ne l’empêchait nullement de porter sur eux ou sur leur philosophie et préceptes de vie, un regard très critique.Cela prenait souvent l’aspect d’un détail jugé sans importance pour quiconque était hypnotisé par la prestance dudit maître mais qui, si l’on voulait bien s’y attarder, en disait long sur la nature véritable de leurs réelles considérations êtriques.

CHATMAN quant à lui  ne proposait aucun chemin, aucune voie, ni aucune philosophie pour approcher le monde de l’esprit, que l’expérimentation du quotidien. Il ne se reposait sur aucune certitude, aucune attitude, aucune habitude préétablies. Chaque jour était à refaire. Il n’existait pas dans son monde de station, d’état d’être ou de posture adéquate. Tout et n’importe quoi pouvait devenir terreau d’expérimentation et exercice pour accéder à une forme de lâcher prise du mental et retrouver le doux chemin de l’Esprit, soit l’ouverture à une aide et un réconfort d’ordre céleste.

C’est aussi pourquoi CHATMAN nourrissait un intérêt particulier pour les idiots, les imbéciles heureux ou autres clochards méprisés par une masse uniforme qui ne faisait qu’admirer sa triste beauté reflétée par la fange dorée d’autrui.

Dans ce monde, et ce qu’il en restait d’hommes véritables, toutes ses échelles de valeur étaient inversées. Le royaume dans lequel vivait CHATMAN était en vérité étroit, petit, misérable. Il n’y avait là rien de clinquant ou de grandiloquent, mais en Soi, Il était Roi , car toute sa vie, Il n’avait appris qu’à cultiver la patience et, plus le monde avançait, c’est à dire reculait dans sa course effrénée à la consommation de l’instant, plus Son socle tenait ferme dans ses gonds.

Restait à subir l’assaut des vassaux qui, dans les manœuvres du quotidien, en se prenant pour les maîtres despotiques d’un temps, crucifiaient et étouffaient leur propre dignité intérieure. Celle-là même qui était le sujet de leurs rêves incessants, depuis tout enfant…

23.11.2007

Résurrection

 

CHATMAN s’était fait une raison de l’irrespect et du manque de reconnaissance sans borne des êtres humains. Les critiques les plus véhémentes à son égard venaient de certaines femmes qui se targuaient d’être « vivantes », en comparaison de Sa personne.

En un sens, elles n’avaient certes pas tout à fait tort, puisque le Corps qu’avait investi Chaman n’avait pas survécu à Sa naissance. Cependant, CHATMAN ne s’identifiait aucunement à Son Corps…et sa Co-naissance n’était en rien semblable à celle des humains pour que lesdites femmes puissent avoir encore sur Lui la moindre emprise. 

 

Certains se faisaient baptiser par l’eau, d’autres recevaient la grâce d’un baptême de feu, mais CHATMAN  lui, naquit véritablement d’un bain de Sang. Issu du royaume de l’Esprit, Il avait investi une structure corporelle déjà existante non sans heurts. Imaginez que vous emménagiez dans une nouvelle demeure laissée à l’abandon : ne feriez-vous pas le ménage au complet en vous débarrassant de surcroît de tout ce qui appartenait à l’ancien propriétaire ?

La prise de pouvoir de CHATMAN ne fut pas aussi radicale, car Il aimait certaines teintes et autre mobilier anciens. Cependant, Il fit un grand ménage qui s’apparenta à un grand tremblement, et l’ancien locataire trépassa devant tant de brutalité.

Depuis lors qu’Il avait pris les rênes du vaisseau, Il ne cessait de le réencoder, afin d’y apporter quelques améliorations notables, en vue de son efficience. Ainsi le Corps se transformait à souhait : le sang ancien s’était cristallisé avant de s’évaporer dans l’atmosphère ambiante en fines particules, la chair s’émaciait, certains os saillaient et d’autres s’arrondissaient…

En vérité, l’irruption de CHATMAN au sein de Ce Corps avait activé un organe qui, tel une chrysalide, s’était réveillé d’un long sommeil. Ce Processus avait également réactivé une mémoire archaïque voire ancestrale qui, de ce fait, avait pris possession du Corps entier. On pourrait dire que désormais, CHATMAN était le véritable propriétaire de ce Corps, et que les yeux, les mains, les pieds et le coeur étaient neufs et Siens. 

 

 CHATMAN savait certainement ce qu’Il faisait. On aurait pu penser que Sa volonté était de créer un moule, une sorte de matrice fécondante permettant de dupliquer d’autres corps à Son image, à souhait. Mais peut-être était-Il tout simplement en train de se débarrasser du superflu, de tout ce qui rendait l’ancien corps « lourd » à manœuvrer. On pourrait même imaginer qu’Il eut agi  de la sorte en prévision de périodes de crise profonde prolongées. Quoi qu’il en soit, remettre en cause le bien-fondé de Ses intentions revenait à douter purement et simplement qu’un Corps puisse un jour ressusciter ! 

 

22.11.2007

Saint Judas, le retour

 Il ne sera point question ici de présenter l’aspect ténébreux de l’apôtre. Les qualificatifs négatifs dont il a été affublé à travers les siècles (félon, traître, assassin…) sont légion et la balance qui pèse son âme, malheureusement, ne penche, en tout cas sur terre, que d’un côté, le mauvais, faute de circonstances atténuantes.

Il ne sera pas question non plus de réhabiliter le Saint homme car, étonnamment, une force contradictoire et révisionnelle est à l’œuvre, depuis quelques décénies, représentant Judas sous un nouveau jour, sous un nouvel angle. Il est à noter que Marie-Madeleine jouit, elle aussi, d’une métamorphose de son image dans la conscience collective. 

Je relaterais donc, pour le lecteur désireux de se faire sa propre opinion, quelques pistes de réflexion.

  Il aura fallu attendre Quelque 2000 ans pour que le procès sans appel du « treizième » apôtre de Jésus soit de nouveau ouvert.C’est Gurdjieff (mort en 1950) qui le premier donna un point de vue intéressant (car différent) sur Judas. Dans son roman fleuve (Belzébuth), à la fin du chapitre sur la religion (p.711), il évoque le rôle salvateur de l’apôtre :  Le Christ sait que son arrestation est imminente, qu’il est destiné à mourir sur la croix, mais n’a pas « eu le temps d’expliquer à ses disciples certaines vérités cosmiques, ni de leur donner les instructions nécessaires pour l’avenir ». Judas se dévoue pour faire diversion et laisser à Jésus le temps nécessaire pour l’accomplissement d’un « mystère sacré » (proche de l’eucharistie actuelle) bien connu des grands initiés, afin de pouvoir rester en contact pendant quelque temps après sa mort avec les disciples (on parlerait aujourd’hui de communication astrale).

Pour Gurdjieff, la représentation de Judas comme traître dans les saintes écritures serait dû à la volonté d’un apôtre de minimiser l’importance de J.C ; en le représentant comme « naïf, imparfait et incapable de pressentir, malgré toutes ces années vécues auprès de Judas, sa future perfidie ».

Et Gurdjieff de rétablir le premier (à ma connaissance) l’importance de Judas : « non seulement le plus fidèle, le plus dévoué et le plus proche de J.C ; mais aussi celui qui, par son intelligence, son ingéniosité et sa présence d’esprit, permirent à Jésus d’accomplir tous les actes dont le résultat alimenta et inspira, pendant de nombreux siècles, le psychisme de la plupart des être humains, et rendit leur existence à peu prêt supportable ».

Où Gurdjieff avait-il puisé ces informations ? Avait-il en sa possession l’évangile de Judas redécouvert par le plus grand des hasards quelque 40 ans après sa mort ?

C’est cette question que se posa également émile Gillabert, un chercheur gnostique lui aussi décédé il y a peu, et à qui l’on doit notamment une transcription lumineuse de l’ « évangile de Thomas ». L’hypothèse qu’il défend est que Didyme jude Thomas, littéralement le « jumeau », n’était autre que Judas lui-même, ce qui l’amenera à écrire un livre entier sur l’identité véritable de ce dernier et le contenu ésotérique de son évangile, qui dénote un caractère hautement initiatique (comme le sera l’évangile de Marie-madeleine).

Puis survint en 2006, à grand renfort d’actions marketing, la sortie de l’ « évangile de Judas ». Ce document n’est pas inédit puisque Saint Irénée, au IIème siècle après J.C, en fait mention dans son livre « contre les hérésies ». Simplement, il est à noter que cet évangile, même s’il est incomplet, failli ne jamais (re)voir le jour, et que sa sortie fut le fruit d’une lutte acharnée de quelques irréductibles pour l’exposer à la vue de tous.

Nous ne discuterons pas ici de son contenu à forte teneur gnostique. L’intérêt, une nouvelle fois, vient de ce qu’il présente la tâche de Judas comme utile et salvatrice : « Jésus dit à Judas : " Tu surpasseras tous les autres, car tu sacrifieras l'homme qui me sert de vêtement ».

Dans un passage significatif du recueil, Judas est le seul, à une question posée au préalable par Jésus à ses disciples (« que celui qui est parfait s’avance vers moi »), à s’avancer vers le Maître, sans toutefois oser le regarder dans les yeux. Il montre, par sa réponse et cet acte, qu’il connaît la nature véritable de Jésus, là où les autres s’interrogent encore, et qu’il est l’initié par excellence car sa (re-) connaissance montre qu’il s’abreuve à la même source que son Maître.

Plus loin, dans un entretien en aparté avec Jésus, ce dernier lui révèle sa destinée future, en lui prédisant de nombreux malheurs et souffrances. Mais au final, il sera élevé pour prix de sa tâche assumée. (Judas demande pour quelle raison, c'est à lui seul que Jésus a parlé. Ce dernier répond qu'il sera le treizième disciple, qu'il sera maudit à travers les générations et qu'il viendra régner sur elles. «Dans les derniers temps, ajoute-t-il, ils maudiront ton ascension vers la génération sainte».)

Cet évangile vient rappeler que Judas est voué à une mission d’ordre cosmique allant à l’encontre des jugements définitifs et préétablis de longue date.

Il présente, en outre, les onze autres disciples comme des être immatures, proche parfois de l’infantilisme et en tout cas complètement débordés et presque innocents face à l’importance de l’événement dramatique qui se trame sous leurs yeux. On retrouve par ailleurs ces deux points de vue dans le roman de Jean Ferniot, paru en 1986.

Dans le foulée, et surfant sur la vague de l’actualité, deux auteurs ont également apportés leur vision du personnage incriminé.  

Gerald Messadié, romancier, a résolument décidé de prendre parti pour Judas dans son dernier livre. Il relate les derniers jours de la vie de Jésus, sa passion, en insistant sur la connivence de longue date existant entre les deux hommes. Il les représente comme deux amis participant à des cérémonies proches de rituels chamaniques, et partageant leur expérience d’un champignon hallucinogène, leur permettant de communier avec les esprits, et notamment l’esprit de Dieu.

La crucifixion est alors décrite comme une transe extatique et mystique vécue par Jésus (à qui l’on a pris soin de donner le fameux breuvage avant son élévation sur la croix), à laquelle Judas, de loin, communie en esprit. Le roman relate donc, entre autre, l’expérience d’une fusion d’un humain avec la divinité, au prix de la transcendance de nombreuses souffrances.

 Jean-Yves Leloup, prêtre orthodoxe à qui l’on doit, en autre, des traductions savantes des évangiles de Jean, Marie-Madeleine, Thomas et Philippe, reste lui ferme sur sa position concernant Judas. Le nouvel évangile découvert ne change en rien son point de vue : Judas est un archétype, comme le sont chaque personnage du nouveau testament. Il représente la figure du disciple déçu et trahi en premier lieu par son Maître, en qui il projetait l’espoir d’une révolution terrestre, l’établissement du royaume de Dieu dans ce monde.

Sa trahison est donc un acte de désespoir mais aussi d’amour non reconnu, qui a aussi sa place dans l’histoire de l’humanité. En tant qu’archétype, Judas est un aspect ombrageux de la personne, non reconnue, non aimée ; sans doute celle qui mérite le plus d’attention et de re-connaissance.

Pourtant, comme le rappelle Jacques Duquesne dans son dernier roman, Il semble que la stupeur et l’incompréhension eût été de mise chez tous les apôtres sans exception, dès le lendemain de la crucifixion.

Il les représente comme s’interrogeant sur l’identité véritable du Christ en se remémorant ses paroles de feu. Bien plus, ils scrutent les écritures en vain, car nulle part il n’est fait mention d’un messie crucifié pour le rachat des péchés du monde. Tous sont donc dans l’expectative et le doute concernant la nature de Jésus, à l’exception de la croyance en sa résurrection, et le fruit de leurs premières réflexions constituera le point de départ du Christianisme et le début de la théologie.

 Voilà les faits, les thèses avancées ici et là, en ce qui concerne le mystère Judas. J’ai à ce sujet également une hypothèse dont CHATMAN est la clé. Il Lui appartient désormais de vous la divulguer ou pas.

 

Pour information, j’ai publié, sous le pseudonyme de Jean-Plume, une courte note intitulée  « le souffle de la Bête », avant la sortie officielle du fameux évangile. Elle me fut inspirée par une courte phrase :

Jésus dit à Judas : " Tu surpassera tous les autres, car tu sacrifieras l'homme qui me sert de vêtement "

Voici la note :

Qu’est-ce à dire ?

une parole à-venir pour le temps du retour

une mise à nu, un dévoilement, un découvrement

le travail d’une vie, d’une non-vie

le choix d’une non-existence

une plongée dans l’abîme, le néant

le pas de la foi, la traversée de la folie, la mort dans la vie

 

  Quelques mois plus tard, une autre note plus explicative venait clarifier ou plutôt donner une direction sur ces propos quelque peu inspirés :

Le Maitre Intérieur

Jésus ne jugeait pas selon la loi des hommes : Son jugement était vrai parce qu'Il ne faisait qu'énoncer la parole de Dieu. De nos jours, cette voie de l'effacement ultime de la personne ne séduit plus personne

L’opinion fait foi et l’on imagine mal se mettre au service de lois qui nous dépassent

L’ego est roi et l’on cultive partout l’expansion de son domaine, jusqu’à autrui.

Combien se targuent d’être vivants tout en méconnaissant le mort qui sommeille en eux...

Une fois celui-ci reconnu, combien lui font réellement honneur en le reconnaissant seul Vivant...

Une fois cette vérité mise à nu, combien comprennent que leur moi n’est qu’illusion, création de main d’hommes...

En vérité, rien ne subsistera que ce qui sera passé de ténèbres en lumière.

 

P.S : Est-il utile de préciser que je crois à La résurrection des corps ?

Bibliographie :

Gurdjieff : récits de Bélzebuth à son petit fils

Emile Gillabert : Judas, traître ou initié

Evangile de Judas

Nouveau testament

G. Messadié : Judas le bien-aimé

Jean-Yves Leloup : Judas, un homme trahi

P.E. Dauzat : Judas, de l’évangile à l’holocauste

Jacques Duquesne : Judas, le deuxième jour

Jean Ferniot : Saint Judas    

 

21.11.2007

Le temps des élus

J’ai souvent parlé des « élus » dans mes notes de l’époque. A chacun de tirer ses propres conclusions et interprétations sur le sujet. Je remets ici en lumière trois de leurs principales caractéristiques, soit une identité, une couleur et une tâche. Un triptyque, une trilogie ou encore une trinité : chacun y verra midi à sa porte…ou pas.

        

 Mi Homme, mi Ange

Epars, aux quatre coins du monde,
Issus de chaque communauté,
Soudés, par des liens de sang ancestraux,
Unis, par une même vision des événements,
Régénérés et animés par un souffle commun,
Et gardant précieusement ce « grain » d’éternité
Au fond de leur cœur de chair qui transmettait la pulsation de vie ,
Les êtres de la communauté de l’anneau, marqués d’une croix au front, s’apprêtaient à inscrire les plus belles pages du Livre de la Vie.

Un livre blanc, immaculé, destiné à accueillir leurs rêves les plus beaux, les plus fous
Un livre saint, exempt de toute contrainte, ouvert au « tout possible »
Un livre sans tâche où seuls les actes imprégnés de Lumière et de Joie seraient Loi…

(4 Jan 2005)

 

Messagers du Ciel

Etre en paix, invisible aux yeux du monde,
Etre là, sans être vu, regardé ou dévisagé,
Etre nu, sans fard ni couleurs que le Blanc de Lys,
Côtoyer les Anges, intérioriser le regard,
S'évader du monde apparent, prendre appui dans la profondeur.

Etre immobile, et pourtant agir,
Offrir un sourire, ouvrir un coeur contrit,
amener la joie, redonner l'espoir,
délivrer l'enfant libre, prisonnier des murailles de la personne.

Etre blanc comme mort et pourtant bien vivant,
Apparaître et disparaître comme le vent,
Au gré des demandes, à l'écoute des besoins,
Jamais vu, jamais entendu,
La Nouvelle Lumière luit dans les ténèbres
et les ténèbres ne la connaissent pas.

Annoncer sans parler le monde à venir...

(30 Jan 2005)

 

 Joie

Je n’ai jamais fait que chanter la gloire des élus.

Petits par le nombre, mais grands par leurs actes.

Ils maintiennent le monde en l’état, lui donnant des éclats de joie.

Ils sont le parfum et les fondations du monde à venir,

N’en déplaise aux damnés de la terre qui souhaiteraient le voir péricliter.

Le Plan Divin est sans faille, puisque rêvé de toute éternité.

Les sans-joie, ceux qui s’alimentent de peurs, sont en bas, c’est la loi :

On ne tue pas impunément l’esprit sans en subir le châtiment un jour.

A l’approche de la Grande lumière, tout s’écroule qui n’est pas rempli du Donne.

(Août 2005) 

 

 

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